| Le christianisme | |||||||||||||||||||
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LES ILES DE GOREE ET DE SAINT-LOUIS,PREMIERS FOYERS DU CHRISTIANISME |
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Au XVe et XVIe siècle, à bord des caravelles portugaises, les missionnaires viennent évangéliser les terres découvertes. Dans leur escale de Gorée, ils construisent au sud de la plage, une église de pierre sans ciment, couverte de paille. Sur la Petite Côte dans les comptoirs de Rufisque, Portudal, Joal où s'installent les commerçants, des missionnaires les accompagnent. Un prêtre Wolof, venant du Baol ou de Kayor aurait fréquenté la Petite Côte à la fin du XVI siècle. Dans la région de Popenguine, au cap de Naze, un pilier de pierre marqué aux armes du Portugal et surmonté d'une croix témoigne de cette première évangélisation.
La période hollandaise du
XVIIe siècle et l'intervention de Rome Au début du XVIIe siècle, Rome crée la Congrégation de la Propagande pour assurer directement l'évangélisation, confiée aux ordres de Saint François, des Capucins et des Cordeliers. Des Capucins français et espagnols
débarquent sur la Petite Côte entre 1635 et 1646 pour évangéliser la
population entre Joal et Rufisque. Lorsque Gorée devient un comptoir français en 1677, après l'occupation hollandaise, la Compagnie maritime reconstruit dans le Nord-Est de l'île le fort Saint-François, ancien fort Nassau. Au premier étage, une chapelle mitoyenne aux logements des officiers permet à l'aumônier d'enseigner le catéchisme à la population. Le fort de Saint-Louis comprend également une chapelle. L'édit du 28 mai 1864, qui crée la Compagnie des Indes, l'oblige "à faire passer dans ses possessions les prêtres nécessaires aux besoins des habitants et à la conversion des indigènes et à y bâtir des églises". La chapelle devenant trop exiguë, la Compagnie construit vers 1745 une église dédiée à l'Enfant Jésus, dans le prolongement d'une ancienne caserne, à l'entrée de l'actuel "relais de l'Espadon". Spacieuse avec cinq fenêtres latérales, elle se dresse sur une terrasse haute de cinq marches et possède un fronton triangulaire surmonté d'une croix. Son toit est recouvert de chaume. En 1763, Gorée compte 1 500 habitants dont 1 100 chrétiens. A Saint-Louis en 1758 on estime la population à 1 400 habitants dont 169 chrétiens. Certains aumôniers remontent le Fleuve avec la Compagnie, jusqu'au Galam.
Après l'occupation anglaise de Gorée de 1758 à 1763 où l'église avait servi d'entrepôt, le gouvernement royal, décide de nommer un gouverneur pour assurer la direction des comptoirs de Gorée et de Saint-Louis, à la place de la Compagnie. En 1763, Poncet de la Rivière, premier gouverneur royal des établissements français d'Afrique occidentale débarque à Gorée, accompagné de l'abbé Jean Baptiste Démanet, premier aumônier du roi, curé de Gorée et des colonies françaises d'Afrique. Cette prise en charge de l'Eglise par la monarchie, contribue à assurer une présence plus régulière du clergé dans les îles. L'abbé Démanet affecte de nouveaux missionnaires à Joal et à Portudal. Il demande au pape d'ériger Gorée en paroisse, l'ouverture d'un séminaire et la création de nouvelles paroisses sur la Côte. Il ne reçoit en retour que le titre de Préfet apostolique. Les Anglais réoccupent Gorée de
1774 à 1783 et de 1800 à 1817. L'église est brûlée la nuit de noël
1799 par un groupe de soldats. Gorée n'a plus d'église jusqu'en 1830. Une chrétienté active à
Saint-Louis Des prêtres de Saint-Louis assurent épisodiquement des offices religieux à Gorée. Cependant l'Eglise ne résiste pas aux soubresauts de la Révolution de 1789. L'abbé Charbonnier délaisse son sacerdoce pour la fonction de greffier. Saint-Louis est occupée par les Anglais de 1809 à 1817.
En mars 1819, sept religieuses de Saint Joseph de Cluny arrivent à Saint-Louis sur le même navire que le gouverneur Schmaltz, de retour de congé. Elles transforment une salle de l'hôpital militaire en chapelle et ouvrent l'école des jeunes signares. L'année suivante, le nouveau gouverneur, le baron Roger accepte de lancer une souscription pour la construction d'un édifice religieux. La Mère Javouhey, fondatrice de l'ordre, débarque à Gorée en 1822 avec quelques autres religieuses et reste au Sénégal jusqu'en 1824. Elle réside à Saint-Louis dans la maison occupée actuellement par la Direction des Impôts et fonde à Dagana un établissement agricole. A l'école des jeunes signares s'ajoute l'école des jeunes africaines, créée par l'arrêté du 15 juillet 1826. Les classes sont faites dans les locaux loués à l'administration qui leur construit en 1867 un bâtiment qui abritera en 1919, le lycée Faidherbe. Les soeurs encadrent la nouvelle Congrégation sénégalaise des Filles du Saint-Coeur de Marie. Les soeurs de Saint Joseph de Cluny s'occupent de l'hôpital militaire jusqu'en 1904. Elles ouvrent un dispensaire à Guet Ndar en 1876, transféré à Ndar Tout, et un autre à Sor en 1891. Grâce à la souscription et au concours des notables qui prêtent leurs captifs de case pour le travail et fournissent des matériaux de construction, la cathédrale de Saint-Louis est construite en 1828 et l'église Saint-Charles de Gorée en 1830. Gorée compte en 1845, 3000 chrétiens. Trois jeunes originaires de Saint-Louis, partis en France poursuivre leurs études sous l'impulsion de Mère Javouhey sont ordonnés prêtres au séminaire du Saint Esprit à Paris en 1840. Les trois abbés Moussa, Fridoil, et Boilat s'établissent à Gorée, à Saint-Louis et inaugurent l'enseignement chrétien en Wolof. L'abbé Boilat fonde en 1843 à Saint-Louis, un collège secondaire. Les Frères de Ploërmel arrivés en 1841, se chargent à Saint-Louis de l'enseignement primaire, secondaire et organisent des cours du soir. Avec la présence des soeurs de Saint Joseph de Cluny et des Frères de Ploërmel, la situation morale et religieuse des fidèles s'améliore. |
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